
L’impact au-delà du terrain
Share
Aujourd’hui, je ressens une vague d’émotions contradictoires. Colère, frustration, tristesse… Ce sont des sentiments qui m’envahissent alors que je prends un instant pour souffler. Dans le feu de l’action, entre l’organisation des stages, les entraînements, la gestion de la Grind School au MOSA, le développement de nos projets à l’étranger et les exigences du quotidien, il est facile de se perdre. Facile d’avoir l’impression d’échouer, de ne pas atteindre les objectifs fixés. Mais si ces dernières années m’ont appris une chose, c’est que le rôle d’un coach ne se limite pas à transmettre des connaissances techniques. Être un bon coach, c’est bien plus que ça.
Soyez à l’écoute
Un jeune qui pousse la porte du Grind n’est pas simplement là pour dribbler ou perfection
ner son tir. Il peut être ce gamin qui, après une journée difficile à l’école, a juste besoin qu’on lui demande comment ça va. Il peut être ce jeune qui hésite à parler de ses rêves parce qu’il a peur qu’on se moque de lui. Comme un parent qui devine que son enfant cache quelque chose en rentrant de l’école, un bon coach sait écouter au-delà des mots.
Soyez présents
Un jeune peut tout donner sur le terrain, mais s’il sent que personne ne remarque son effort, il finira par baisser les bras. Imaginez un enfant qui fait un dessin et le montre fièrement à ses parents, espérant une réaction, un encouragement. Si on l’ignore, il finit par croire que ça n’a pas d’importance. Sur le terrain, c’est pareil : un regard, un mot, une tape sur l’épaule peuvent suffire à donner à un jeune la motivation de continuer.

Soyez patients
Certains enfants mettront des mois avant de réussir un simple lay-up. Comme un parent qui répète inlassablement à son enfant de ranger sa chambre, sans voir de résultat immédiat, un coach doit accepter que le progrès est parfois invisible sur le moment. Mais avec du temps et de la patience, les efforts finissent toujours par payer.

Soyez au service des jeunes
Le coaching n’est pas une question d’ego. Ce n’est pas une scène où l’on brille, c’est un engagement. Un jeune en difficulté peut être comme un enfant qui apprend à faire du vélo : il tombera, doutera, voudra abandonner. Mais tant que quelqu’un est là pour le rattraper et l’encourager, il finira par pédaler seul.

Sacrifiez-vous
Cela signifie parfois finir une journée épuisante et rester encore une heure pour parler à un jeune qui doute. C’est comme un parent qui, malgré la fatigue, reste éveillé pour attendre son ado rentré tard. Le sacrifice n’est pas une perte, c’est un investissement sur l’avenir d’un autre.

Donnez-leur de l’espoir
Chaque jeune a ses propres batailles. Certains se battent contre le manque de confiance, d’autres contre des difficultés à la maison ou à l’école. Leur donner de l’espoir, c’est leur montrer que, peu importe d’où ils viennent, ils ont un futur. C’est le même regard qu’un parent porte sur son enfant en lui disant : "Tu peux devenir ce que tu veux, ne lâche pas."

Adaptez-vous aux autres
Un même discours ne marche pas pour tout le monde. Certains jeunes ont besoin d’un coup de fouet, d’autres d’une main tendue. Comme un professeur qui doit trouver une nouvelle façon d’expliquer une leçon à un élève qui ne comprend pas, un bon coach sait qu’il doit ajuster son approche pour toucher chacun.
Et ensuite, apprenez-leur à jouer au basket du mieux que vous le pouvez
Le basket n’est pas qu’un sport, c’est un outil pour transmettre des valeurs. Travailler dur, respecter les autres, gérer la pression, apprendre de ses erreurs… C’est la même logique qu’un parent inculque à son enfant en l’aidant à faire ses devoirs : ce n’est pas juste pour une bonne note, c’est pour lui apprendre la discipline et la persévérance.
L’esprit du Grind, c’est avant tout un cadre. Un espace où chaque jeune peut venir en paix, en sécurité, progresser et grandir. Non seulement en tant que joueur, mais surtout en tant qu’individu. Aujourd’hui, quand je regarde les photos, quand je relis certains messages que vos enfants m’envoient, empreints de doutes, d’anxiété, à la recherche de réponses et d’encouragements, je suis fier. Fier de ce que nous avons construit ensemble.
Il y a une leçon que je veux partager, une vérité simple mais puissante : les jeunes se moquent de ce que vous savez, tant qu’ils n’ont pas ressenti à quel point vous les aimez. Peu importe qui vous êtes, vous pouvez les impressionner un temps, mais si vous n’êtes pas là pour eux, ils ne vous suivront pas.
Ce que je ressens aujourd’hui ne me freine pas. Au contraire, cela me pousse à continuer, à construire, à repousser les limites. Le Grind ne s’arrête jamais. Et tant que nous aurons cette vision, cette flamme, nous avancerons ensemble, coûte que coûte.